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Alicia Vikander, un diamant brut

L’actrice oscarisée Alicia Vikander s’est faite un nom dans le cinéma d’auteur avec Ex Machina et The Danish Girl. Aujourd’hui, elle se plonge dans l’action (et met en pratique ses leçons de ballet) en incarnant Lara Croft, la féroce chasseuse de trésor dans Tomb Raider.

Si le monde se divisait en deux catégories, ceux qui parlent à leur voisin de siège dans l’avion et ceux qui ne le font pas, on pourrait raisonnablement supposer qu’elle appartient à la seconde. Tout d’abord, elle est célèbre. En fait, elle va passer ce mois-ci à l’action, sous les traits de Lara Croft, l’héroïne du prequel de Tomb Raider, un rôle auparavant incarné par Angelina Jolie qui se base sur la série de jeux vidéos mondialement connu. Alicia Vikander est aussi très secrète, avec un don pour esquiver même les questions les plus inoffensives. La dernière fois qu’elle a désobéi à une règle ? Elle hoche la tête et rit en se souvenant : « Non, vous ne voulez pas savoir ça» .

Pourtant, il s’avère que l’actrice de 29 ans ne va pas seulement s’intéresser à ses voisins de siège, mais elle va aussi leur offrir des cadeaux. C’est en tout cas ce qu’elle a fait lors d’un voyage de Lisbonne à Los Angeles, où elle vit avec son mari, Michael Fassbender. « J’ai fini le livre Homo Deus dans l’avion, c’était génial, et je l’ai donné au mec assis à côté de moi. », en se référant à la suite du best-seller de Yuval Noah Harari, Sapiens : une brève histoire de l’humanité. « J’espère qu’il aura déjà fini de le lire maintenant ».

Aujourd’hui, en jean et blouson noir de moto, Alicia est assise dans une loge improvisée dans un studio d’Hollywood, et se fait maquiller pour une séance photo. Elle fait la promotion de Tomb Raider, c’est pourquoi l’immense salle est jonchée de sarcophages égyptiens et autres fausses reliques. C’est un changement de rythme pour elle qui, en 2016, a gagné l’Oscar de la meilleur actrice dans un second rôle pour The Danish Girl, où elle incarne avec splendeur l’artiste bohémienne Gerda Wegener, la femme d’un des premiers hommes à recevoir une chirurgie transgenre, tant et si bien qu’elle a presque volé la vedette à Eddie Redmayne.

Bien qu’elle soit ravie de passer du drame à l’aventure et l’action, elle avait au début des interrogations sur l’originalité. « Quand j’ai reçu l’appel, je me suis dis, n’ont-ils pas déjà fait Tomb Raider? », se rappelle t-elle, pendant qu’un maquilleur tamponne son visage doucement. « Entendre que ce serait quelque chose de différent m’a attiré ».

Vendu comme étant une histoire originale et réalisé par son compatriote scandinave Roar Uthaug (auteur du film catastrophe The Wave, 2015), ce film vise à éviter le modèle « fille sexy avec un pistolet ». « Lara Croft a effectivement été ce sex-symbol, mais à cette époque, mon dieu, la vision qu’ils avaient des femmes et du pouvoir et des femmes étaient si différente » selon elle. « Elle devait être transposée dans notre temps présent ». Alors qu’Angelina Jolie incarnait cette guerrière survitaminée aux coup de pieds et vrilles sensuelles, Alicia répondra aux attentes plus modernes d’une super-héroïne imparfaite. Armée d’un modeste arc de chasse, elle est une héroïne plus humaine, en quête de sens après la mort de son père aventurier (joué par Dominic West). « C’est la fille qui essaie de trouver quel chemin elle va prendre dans sa vie, et elle a beaucoup de pression. Elle est comme moi à 20 ans ».

Pendant cette période de sa vie, elle cherchait encore à devenir actrice et vivait dans un appartement de Notting Hill à Londres avec des membres du groupe electro-pop Suédois Icona Pop, alors que leur tube « I Love It » n’était pas encore sorti. Elle venait d’abandonner le ballet, après y avoir consacré plus de 9 ans d’entraînements intensifs, dont 3 dans le prestigieux Ballet Royal Suédois de Stockholm. Elle se rappelle : « Je me suis rendue compte qu’il était très simple de rester dans cette bulle et de ne jamais en sortir. Un jour, ma résolution du nouvel an a été de trouver des amis en dehors de l’école pour que je puisse voir ce qu’il y avait derrière les murs. J’ai vu une fille cool et et lui ai demandé en faisant semblant d’être hyper joyeuse : « Ou vas-tu? Une fête ? Génial ! ». Les personnes qu’elle a rencontrées ce soir là sont restées ses amis les plus proches. Sa carrière d’actrice a commencé avec un début chaotique. Elle s’est envolée pour la première fois à Los Angeles pour passer une audition pour être l’actrice principale dans Blanche Neige et le Chasseur, mais c’est finalement Kristen Stewart qui a eu le rôle. Elle se souvient en souriant : « Je me suis dit que ça serait une histoire pour mes petits-enfants. Je leur dirai que cette fois-là j’étais à Hollywood et que je faisais croire que j’étais dans un film ». Mais elle a continué, et les rôles ont commencé à arriver : Kitty dans Anna Karenine (2012), un robot humanoïde dans Ex Machina (2014), une espionne malgré elle dans The Man From U.N.C.L.E (2015), son rôle qui lui a valu un Oscar dans The Danish Girl (2015), la chef de la division sur le cyber-espionnage de la CIA dans Jason Bourne (2016) et une hollandaise ingénue dans Tulip Fever l’an dernier.

Mais on peut remonter le chemin de sa vocation d’actrice bien plus loin que ça. En grandissant à Göteborg, fille de parents divorcés, elle accompagne souvent sa mère au théâtre, où elle a du voir Roméo et Juliette au moins 20 fois. « Je connaissais probablement une bonne partie du répertoire de Shakespeare mais malheureusement je me n’en souvenais plus quand j’ai passé mes auditions pour entrer en école de théâtre » dit-elle au moment où elle esquisse un geste de réprobation au styliste qui tire trop fort sur sa queue de cheval. Quand elle était adolescente, elle avait des posters de Bruce Willis et Leonardo DiCaprio dans sa chambre. « J’étais très fier qu’il soit mon acteur préféré avant même Titanic ».

Bien qu’elle n’ait pas intégré une école de théâtre, elle grimace à l’idée qu’elle n’est pas formé « professionnellement » : « A l’école de ballet on apprenait à chercher nos personnages en profondeur, et à les développer. On devait être très attentif aux moindres mouvements, comment incliner la tête, ciller des yeux ». Même aujourd’hui, malgré les panneaux publicitaires qui mettent en avant son physique de Tomb Raider, on peut voir la souplesse et la grâce d’une ancienne ballerine, au moment où elle navigue entre les flaques d’eaux pour rejoindre le lieu de la séance photo.

Pendant un certain temps, Alicia Vikander s’était amusée à l’idée de devenir juriste, mais un appel de la réalisatrice Lisa Langseth a mis un terme à tout cela. Même si il lui a fallu plus de 15 auditions avant qu’elle obtienne le rôle du film de Lisa Lanseth, Pure, en 2010, elle avait vraiment impressionné la réalisatrice. « Alicia était unique parmi la centaine de filles qui étaient passé devant la caméra, et elle était à la fois sensible, intelligente et forte. Physiquement, on pouvait la pousser très loin. La plupart des gens, non. Ils disent, je ne peux pas faire plus. Allcia, elle, ne disait jamais ça ».

Dans sa terre natale, le mot « lagom » est devenu un principe essentiel de la culture du pays. Traduis approximativement, ça signifie « juste assez, convenable ». Tout comme hygge, le concept danois de confort, le concept est vanté aux Etats-Unis comme un style de vie à la mode. En évoquant le sujet, elle se rassoit sur sa chaise. « Lagom, c’est comme le milieu du milieu », dit-elle avec un soupçon de dédain. « Vous ne voulez jamais vous attribuer vous-même du mérite. Il y a quelque chose de semblable qui s’appelle le syndrome du coquelicot. Si un coquelicot grandit un peu plus grand que les autres, on lui coupe la tête. Comme si tu ne devrais pas te démarquer. Le mot est juste dans certains cas, mais tu ne devrais pas le laisser définir l’émotion pour quelqu’un que tu aimes ».

Vraiment, le « lagom » ne s’applique pas à Alicia Vikander. « Je préférerai être aux extrémités du spectre. Je préférerai que ce soir horrible puis fabuleux ». Le syndrome du coquelicot trop grand non plus, ne lui correspond pas. En dehors du fait qu’elle soit déjà une actrice de tout premier plan, elle s’est aussi affirmée comme une ambassadrice de marque et muse pour Bulgari et Louis Vuitton. En octobre dernier, elle a encore amené plus loin son statut de célébrité en se mariant secrètement avec Michael Fassbender, qu’elle a rencontré en 2016 sur le tournage d’Une Vie entre Deux Océans. On s’en doutait, elle refuse de nous dire quoi que ce soit qui puisse alimenter les tabloïds à propos de leur relation. « Je voulais que cela reste très privé. Bien sur, le mariage c’est beau, mais les gens ne cherchent pas le mariage, ils cherchent l’amour ».

En parlant de travail, Tomb Raider est un virage brusque par rapport à tous les projets plus sérieux qui lui ont valu tant de prestige en si peu de temps. Oui, elle ajoute à son répertoire le classique film d’action -elle a été arrosé d’eau froide jusqu’à ce que ses lèvres deviennent bleues sur le tournage, avait besoin de temps supplémentaire pour couvrir les coupures et ecchymoses avant d’être prête pour le tapis rouge- mais rien de tout cela ne l’aurait découragé après une décennie de danse classique. Cependant, il faut avouer qu’elle ne semble pas vraiment correspondre au profil typique pour un film adapté d’un jeu-vidéo, c’est peut-être pour cela d’ailleurs qu’elle s’est emparée du rôle.

« La beauté de mon travail, c’est de pouvoir me plonger à la fois dans un personnage et un univers différent de tout ce que j’ai vu auparavant, et même si c’est plus léger que la plupart de mes rôles dramatiques, il nécessite le même genre d’investissement intense. Je n’avais encore jamais fait de grosse franchise. Quand j’avais 10 ans je regardais les Indiana Jones. J’étais une grande fan de la mythologie grecque et égyptienne. L’enfant en moi est hyper excitée de faire partie de cet univers là. »

Son collègue et ami Walton Goggins, qui joue le méchant Mathias Vogel, est convaincu que le film ajoute une nouvelle dimension à sa carrière. « Je ne sais pas si elle avait eu l’opportunité de montrer ce genre de diversité de jeu. C’est assez similaire à ce que Matt Damon avait montré dans son premier Jason Bourne : une personne qui a des talents exceptionnels, mais qui sait aussi faire preuve de sensibilité. » Le tournage s’est effectué l’an dernier pendant 5 mois, principalement à Cape Town, en Afrique du Sud, mais également à Londres. Walton Goggins se souvient avoir emmené son fils de 7 ans sur le tournage. « A la fin du deuxième jour, il m’a regardé et m’a dit ‘Papa, je veux être Lara Croft’ ».

Cela dit, Alicia Vikander est loin de s’être retirée du cinéma d’auteur qui a lancé sa carrière. Elle apparaîtra bientôt aux cotés de James McAvoy dans Submergence. Ce film s’inspire de l’histoire de JM Ledgard, un professeur de mathématiques et espion russe, présenté pour la première fois l’an dernier au Festival International de Toronto. Réalisé par Wim Wenders, c’est particulièrement excitant pour Alicia qui, adolescente, cherchait un sweat rose plus ou moins semblable à celui de Nastassja Kinski, dans Paris, Texas, le classique de 1984 de Wenders.

On compare souvent Alicia Vikander à Jessica Chastain, dans le sens où elles sont très rapidement passées de l’ombre à la lumière. En huit ans, elle a fait 21 films, soit près de 3 par an. Elle s’est quand même permis une petite pause pour prendre des vacances, qu’elle a passées au ski à Chamonix avec son mari et des amis. La cuisinière en herbe à pris en charge le dîner du réveillon de la St Sylvestre, avec au menu de la bouillabaisse, du pain artisanal et de l’aïoli. « Je suis rentrée des pistes et j’ai passé trois à quatre heures dans la cuisine. J’adore m’enfermer dans un petit cocon, ça prouve que j’ai bien fait une coupure. » Mais en ce moment, au contraire, c’est « retour à l’école ».

En janvier, elle s’est rendue aux Golden Globes ou elle a pu rencontrer avec excitation Natalie Portman et Reese Witherspoon. Elles s’étaient contactées par mail à propos de Time’s up, un mouvement lancé par les professionnelles du cinéma pour soutenir celles qui ont subis du harcèlement sexuel dans le monde professionnel. Elle fait partie des signataires de la lettre lançant le mouvement. « J’étais hyper excitée de me retrouver parmi toutes ces autres femmes », et pas seulement dans le cadre de son engagement. « J’ai toujours rêvé de travailler avec des femmes et ne pas me retrouver toute seule sur les tournages, comme cela arrive si souvent sur les plateaux. »

A ce propos, Alicia Vikander a lancé sa propre société de production, Vikarious Production. Euphoria, son premier film, est un drame réalisé par Lisa Langseth. Deux soeurs séparées (Alicia Vikander et Eva Green) se retrouvent et l’une d’elle envisage un voyage surprenant à travers l’Europe. Elle espère qu’Euphoria et les films qui suivront apporteront du changement dans le milieu du cinéma.

« Natalie et Reese m’ont dit quelque chose, c’est que toutes les femmes doivent trop souvent entrer en compétition les unes contres les autres, et se battre pour les quelques même rôles », dit elle en secouant la tête. « Ça aussi, c’est fini ».


Ecrit par Phoebe Reilly pour American Way | 08 mars 2018 | Traduit par Michel Beaughon pour Alicia Vikander France